Dès que les températures nocturnes baissent, souvent entre fin septembre et novembre, les souris quittent jardins, champs et haies pour se rapprocher des bâtiments, où elles trouvent chaleur, nourriture et matériaux pour leur nid. Maisons individuelles en lisière de campagne, rez-de-chaussée, garages et caves sont les premiers concernés, mais les immeubles en ville n'y échappent pas.
Le réflexe est de poser des pièges. C'est utile, mais insuffisant : une souris capturée est vite remplacée si le passage par lequel elle est entrée reste ouvert. La bonne stratégie tient en trois temps : confirmer la présence, trouver et boucher les accès, puis éliminer les individus déjà installés.
Confirmer la présence de souris
Les bruits de grattement la nuit, dans un faux plafond ou une cloison, sont souvent le premier signal. Mais ils peuvent aussi venir d'un loir, d'un lérot, d'un oiseau ou de la dilatation de la charpente. Plusieurs indices permettent de trancher.
| Indice | Souris | Rat | Loir ou lérot |
|---|---|---|---|
| Crottes | 3 à 6 mm, fines, pointues, dispersées | 1 à 2 cm, épaisses, regroupées | Plus grosses que la souris, souvent en tas dans les combles |
| Bruits | Grattements légers, trottinements rapides | Bruits plus lourds, rongements sonores | Vacarme nocturne en été et automne, puis silence en hibernation |
| Grignotages | Petits trous nets dans les emballages | Dégâts plus larges, y compris sur le bois et les câbles | Fruits, réserves, isolant |
| Odeur | Odeur d'ammoniac dans les zones fréquentées | Odeur forte, traces grasses le long des murs | Odeur musquée dans les combles |
| Lieux | Placards de cuisine, derrière les appareils, cloisons | Caves, égouts, garages, extérieur | Combles, greniers, isolation |
Par où entrent les souris
Une souris est capable de grimper sur un mur crépi, de longer une canalisation et de se faufiler dans des interstices étonnamment étroits. Son crâne est la seule partie rigide qui limite le passage : là où passe la tête, passe le corps. Les points d'entrée se concentrent donc là où le bâti comporte des jonctions et des traversées.
- Les traversées de murs : arrivées d'eau, de gaz, évacuations, gaines électriques et de climatisation, souvent mal rebouchées autour du tuyau.
- Le bas des portes : porte d'entrée, porte de service, porte de garage dont le joint bas est usé ou qui ne ferme pas jusqu'au sol.
- Le garage, très souvent la porte d'entrée vers la maison, par la porte de communication ou les gaines.
- Les aérations et bouches de ventilation sans grille ou à grille abîmée, y compris les vides sanitaires.
- Les combles : jonction entre toiture et murs, sous les tuiles de rive, par une plante grimpante ou une branche qui touche le toit.
- Les menuiseries anciennes : coffres de volets roulants, seuils dégradés, jours sous les fenêtres.
Boucher les accès durablement
Le choix du matériau est essentiel : les souris rongent le plastique, le silicone, la mousse expansive seule et le bois tendre. Il faut des matériaux qu'elles ne peuvent pas percer, ou associer un matériau dur à un produit de finition.
| Matériau | Efficacité | Usage conseillé |
|---|---|---|
| Laine d'acier ou de cuivre | Très bonne | Bourrer les trous autour des tuyaux, puis recouvrir de mastic ou de mortier |
| Grillage métallique à maille fine (6 mm maximum) | Très bonne | Aérations, vides sanitaires, bouches de ventilation |
| Mortier, plâtre, enduit | Bonne | Trous dans la maçonnerie, une fois l'ouverture comblée |
| Bas de porte brosse ou joint métallique | Bonne | Portes de garage et portes extérieures |
| Mousse expansive seule | Faible | À éviter seule : rongée facilement, à associer à la laine d'acier |
| Silicone, mastic acrylique | Faible | Finition uniquement, par-dessus un matériau dur |
Profitez-en pour contrôler l'étanchéité générale : un bas de porte ou une menuiserie qui laisse passer une souris laisse aussi passer l'air froid, un sujet traité dans notre article sur le joint de fenêtre qui laisse entrer l'air froid. Sur une porte de garage motorisée, vérifiez que le joint bas épouse bien le sol en position fermée, en particulier si la porte s'arrête ou se règle mal.
Éliminer les souris déjà installées
Pièges mécaniques
- Tapettes ou pièges à capture vivante
- Résultat immédiat et visible
- Aucun risque d'intoxication pour les animaux domestiques bien placés
- Demandent un contrôle quotidien
Appâts raticides
- Efficaces sur une population installée
- Vente au grand public encadrée, en postes d'appâtage sécurisés
- Risque pour les chiens, chats et enfants en cas de mauvais usage
- Souris pouvant mourir dans une cloison, avec odeurs à la clé
- Placer les pièges le long des murs, perpendiculairement à la plinthe : les souris longent les parois et évitent les espaces ouverts.
- Utiliser plusieurs pièges, espacés de un à deux mètres dans les zones d'activité.
- Appâter avec un peu de beurre de cacahuète, de chocolat ou de noisette, plus attractifs que le fromage.
- Vérifier les pièges chaque jour, et les manipuler avec des gants.
- Continuer tant que de nouvelles traces apparaissent, puis maintenir un ou deux pièges en surveillance.
Prévenir le retour
- Ranger les denrées sèches, croquettes et graines pour oiseaux dans des boîtes hermétiques en verre ou en métal.
- Ne pas laisser de gamelle d'animal pleine la nuit.
- Fermer les poubelles et sortir régulièrement les ordures.
- Éloigner bois de chauffage, compost et tas de feuilles des murs de la maison.
- Tailler les branches et plantes grimpantes qui touchent la façade ou la toiture.
- Inspecter chaque automne les traversées de murs et les bas de portes.
Si l'infestation est importante, si vous entendez des bruits dans plusieurs pièces malgré les pièges, ou en cas de doute sur la présence de rats, un professionnel de la lutte contre les nuisibles réalisera un diagnostic des accès et un traitement adapté. Comptez généralement entre 100 et 250 € pour une intervention simple dans une maison, davantage avec un contrat de suivi. Pour d'autres nuisibles domestiques, la logique est comparable, comme le montre notre guide sur les punaises de lit.